Comme des fortifications, les structures en bois s’élèvent dans l’ombre de l’imposant rocher de Klugheim. Ici, dans le nouvel univers à thème, à la fois rude et fascinant, apparaît un village vivant sur le modèle de cultures depuis longtemps disparues, qui pouvaient avec courage et intelligence, même au milieu des puissantes forces de la nature, trouver protection et sécurité. « Dans l’architecture de Klugheim se reflètent les influences de différents peuples, qui ont pu utiliser intelligemment les atouts de la nature et qui savaient braver les puissants pouvoirs des éléments. Leur méthode de construction solide est exactement la base des bâtiments de Klugheim, comme ses ornements artistiques et ses symboles mystiques, » explique Annette Pieck. Elle est depuis plusieurs années, en tant que chef projet, responsable des thématiques à Phantasialand. Lorsqu’elle se prépare pour un nouvel univers thématique, elle se plonge entièrement dans la culture, source d’inspiration. Aujourd’hui encore elle est en contact avec le village camerounais d’artistes qui a été créé pour le thème de l’hôtel Matamba. Elle s’occupe depuis des années, pour le développement de Klugheim, de la technique de construction et de la symbolique traditionnelles. « A Klugheim, il y a beaucoup d’ornements et de symboles liés au dragon. Depuis toujours, le dragon est ancré dans de nombreuses cultures en tant que créature mystique remplie de puissance et d’énergie, mais aussi en tant qu’incarnation de la sagesse et de la ruse. Pour les gens, il est synonyme de protection et de force, et on le trouvait souvent sur les toits des maisons, comme un Saint Patron vigilant. »

En bois pour les mâts des bateaux et les pieux

Et aussi à Klugheim. Les têtes des dragons représentent ici, sur les faîtages des cabanes, une frontière emblématique vers le Taron, qui dévale dans les airs son labyrinthe qui paraît sans fin, avec un bruit de tonnerre. La puissance et l’aura du Multi-Launch-Coaster seront également ressenties en bas dans le village - comme les regards attentifs des dragons sur les toits.

La société Fake Filmconstruction est un partenaire très demandé sur la scène cinématographique internationale depuis plus de 25 ans. Les concepteurs expérimentés de décors en kit et de scènes ont déjà créé plus de 80 décors pour de grosses productions, parmi lesquelles des blockbusters plusieurs fois récompensés. Fake a donc créé, entre autres, le décor passionnant sombre parisien pour « Le Parfum », les coulisses pour l’adaptation du livre « The Reader » avec Kate Winslet qui a reçu l’oscar pour le rôle principal et le kit du drame historique sur le football, « Le Miracle de Berne ». Depuis quelques années, Fake est également le partenaire de Phantasialand et a créé, pour nous, les cavernes ludiques de Chiapas entre autre - LE couloir d’eau - et dans le jardin d’hiver, un décor merveilleux à multiples facettes à partir d’une illusion authentique d’un château mystérieux.

Pour une telle sculpture mystique et puissante, seule la nature pouvait mettre à disposition un tel matériau. Et ainsi chaque tête de dragon de Klugheim va naître du façonnage manuel de poutres en bois de plusieurs mètres de long, provenant d’un sapin Douglas. Un arbre, qui était volontiers utilisé dans la marine, lors de la construction de puissants mâts de bateau ou pour des pieux solides. Donc le matériau idéal pour le caractère de Klugheim et les dragons.

Le sculpteur sur bois formé, Björn Poppinga, est le « père » des dragons de Klugheim. La société Fake a recruté l’Hambourgeois, avec une mission précise dans Phantasialand. Construire des éléments de décor plus qu’attractifs. Il est venu pour créer des œuvres d’art uniques en bois - et pour donner à chaque dragon de Klugheim sa propre essence. Expressif et plein de caractère, différent et puissant. Son secret c’est sa passion : Björn Poppinga est un artiste.

Artisanat avec tradition

Pour lui créer, pour un parc de loisirs, de telles pièces uniques qui demandent du temps est une première à la fois inattendue et amusante : « C’est un sentiment très agréable de participer à la création d’un nouvel univers thématique avec un artisanat si classique. Le fait que les dragons de bois sur les faîtages soient créés par l’artisanat, est réellement surprenant », pense le sculpteur sur bois chevronné.

Avec un grand savoir-faire artisanal et une précision subtile, il appelle à la vie les créatures presque mystérieuses avec le même outil que les hommes utilisaient il y a 500 ans pour créer des têtes de dragon à partir d’imposants troncs d’arbre. Seule la scie à chaîne le soulage aujourd’hui un peu du sciage pénible. Sa manière de travailler est aussi originelle et amoureuse du détail comme Klugheim elle-même. « Dans la sculpture, on travaille depuis la forme grossière jusqu’à la forme fine », explique-t-il, alors qu’il découpe prudemment les poutres, avec une grosse scie à chaîne, en épais morceaux de bois et que la lame dessine de profondes encoches dans le veinage du sapin Douglas. Cela sent le bois lorsque les premiers copeaux s’envolent et le dragon s’éveille à la vie au son du rugissement de la scie.

Le feu donne sa personnalité au bois

Tout comme le peintre utilise le pinceau fin, pour personnaliser une œuvre d’art, le sculpteur s’empare alors de l’herminette pour les travaux plus fins. Avec chaque coup appliqué artistiquement, il libère du bois l’être mystérieux du dragon. Ce travail lui demande autant de force, qu’il progresse avec tout autant d’émotion. Il forme dans le sapin Douglas, concentré heure après heure, des dents, des yeux et une langue. Avec chaque couche arrachée, la force mystique, avec laquelle la créature puissante veillera bientôt au-dessus de Klugheim, se laisse davantage deviner.

Ensuite le dragon est fusionné au feu. Chaque centimètre de la surface friable est soumis à la chaleur, qui embrase le bois clair et se dépose comme une ombre sur le dragon. « Nous brûlons le bois pour obtenir cette teinte unique foncée, qui semble si originelle », explique le sculpteur. « Aucune peinture pour bois au monde ne peut donner cet aspect. »

Enfin, la surface est poncée avec une brosse en métal et apporte la dernière touche à l’essence même de l’œuvre d’art - avant que les forces de la nature à Klugheim adoptent le dragon. « Le bois vit et va se modifier. Mais ce qui est super avec le travail de ce matériau : C’est qu’il a sa propre personnalité », souligne Björn Poppinga.

Et c’est ainsi que le dragon est une pièce unique, qui a grandi en plusieurs heures d’un travail manuel engagé - comme chaque autre dragon à Klugheim, qui trouve sa place en haut sur les toits. Ils s’intègrent, avec leur bois sombre, artistiquement dans leur environnement et veillent sur ce monde mystique avec détermination, tandis que le Taron les balaye et que la vie s’anime en bas au village.

Author

Tanja