Klugheim grandit d’heure en heure. Devant la coulisse de l’imposant paysage rocheux, des 120 tonnes et des grues dansent quotidiennement le ballet des grues, au sol des pelles mécaniques et bétonnières se glissent sous l’assemblage de voies du Taron, et le village grandissant au cœur de Klugheim exige de la place avec chaque nouvelle poutre de bois. Comme dans un grand jeu d’objets cachés, il y a chaque jour quelque chose de nouveau à découvrir sur le chantier dynamique, où l’homme et les machines créent le nouveau monde thématique côte à côte.

Le Raik apparaît dans cette aventureuse étroitesse. En effet, notre vision de Klugheim ne se limite pas au Taron. Nous voulons construire, à côté du fascinant Multi-Launch-Coaster, un deuxième Grand Huit destiné à vivre l’expérience en famille. Le Raik doit surtout procurer un énorme plaisir de conduite aux petits amis des Grands Huit et donc ne pas être trop intense pour les voyageurs inexpérimentés. Et tout ça dans une dimension publique : Le Raik sera la Montagne Russe familiale la plus grande dans son genre - malgré des conditions spatiales exigeantes.

Le Raik ne se situe donc pas simplement à côté du Taron mais réellement en plein milieu. L’espace nécessaire pour les deux Grands Huit n’a en réalité pas été simplement laissé libre, le Raik a dû conquérir cet espace. Les voies du Raik ont dû être dirigées comme à travers un chas d’aiguille, pour exploiter idéalement l’espace et les rapports spécifiques jusqu’au dernier millimètre, jusqu’à créer une expérience globale cohérente. Une chose est sûre, c’est tout aussi excitant que la construction même du Family-Boomerang.

Le Coaster s’élève à un endroit où le pouls du parc sera réellement ressenti. Le lift hill et la fin du parcours se jettent dans la zone du couloir d’eau, le River Quest, et percent véritablement de leurs voies, le bâtiment de la même hauteur qu’une tour. A partir de là, on traverse Klugheim, presque en fusion avec l’acier du Taron, et enfin le long d’un pont, tout près de l’arrière de l’attraction Feng Ju Palace.

Pour l’équipe de construction autour de Peter Barth, chaque jour est dédié au mikado de voies, lorsqu’ils manœuvrent les constructions d’acier dans les failles étroites. « Nous devons construire à travers une maison, le long d’une maison et à travers un ravin, auxquels vient s’ajouter le passage en bois. Et le bois s’entend mal avec le fer, lorsqu'on tape à ce niveau, ça casse direct », reconnait le spécialiste du montage. Avec son entreprise « Bergen, Schleppen und Heben », l’habitant d’Euskirchen peut faire une rétrospective sur plusieurs années d’expérience dans le montage de Grands Huit, « mais je n’ai encore jamais travaillé dans ces conditions, pour être honnête. Chaque millimètre compte réellement ici », s’étonne l’expert.
Malgré les circonstances tendues, le Raik grandit inexorablement. Le Boomerang-Coaster avance avec ses voies chaque jour un peu plus dans le monde du Taron. C’est parfois si étroit qu’on a l’impression qu’en avançant juste la main, on pourrait toucher l’acier et le rocher - ce qui est réellement le cas à un endroit du parcours. L’effet « de justesse » s’est avéré à cet endroit quelque peu trop « prés ». Et justement peu avant la fin ! Tandis que la grue de 50 tonnes a déjà accroché la dernière voie, il devient rapidement évident pour tous les participants : Cette fois, c’est vraiment trop étroit. Un morceau du rocher et le mur du Feng Ju Palace sont sur le passage de la fin des voies.

A ce moment, seul un outil encore plus lourd, beaucoup de ressenti et de patience peuvent aider. Les rochers quasi naturels doivent être reculés et le lourd mur de béton percé. Avec un marteau dont le manche est aussi long qu’un bras, et une perceuse de la dimension d’une pioche, les collègues frappent contre la pierre de quelques centimètres d’épaisseur, jusqu’à ce qu’enfin le béton récalcitrant n’ait plus rien à opposer et fasse place à la dernière voie du Raik.

Tout d’abord, seul le gabarit ferroviaire certifie que suffisamment de pierre a été éliminée. L’armature de métal est déposée sur un wagon de test et amenée devant l’endroit encore façonné. Le gabarit simule ainsi tous les mouvements des voyageurs - comme les bras écartés - et indique clairement les endroits sur le parcours qui sont étroits ou trop étroits. A cet endroit, c’est toujours très étroit - mais c’est exactement ce que nous voulons : Le rocher et le béton laissent ici juste assez de place au Raik, pour conduire le train en toute sécurité sur le parcours, mais en même temps pour surprendre les voyageurs avec un effet « de justesse » particulièrement impressionnant.

Quelques minutes plus tard, Peter Barth déplace, depuis la cabine du conducteur de la grue, le mât avec la voie, lentement mais de manière déterminée jusqu’au dernier espace. Il fait signe de la main à ses collègues : faire descendre doucement. Les extrémités des voies se rapprochent de plus en plus centimètre par centimètre, à partir de deux constructions d’acier nait progressivement une ligne continue. Il reste encore quelques millimètres à surmonter, tandis que les vis d’acier apportent enfin la touche de finition et les voies sont fixées sur leur lieu de destination. Le Raik est maintenant complet et utilise le dernier centimètre de Klugheim pour l’énorme plaisir de conduite.

 

Author

Christian Buhl